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 Génèse

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Naira Órinn
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Féminin Relations : Fäna Órinn (demie-soeur), Thybalt Stanes (Fiancé)
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MessageSujet: Génèse   Mer 8 Avr - 18:42

Au tout début des temps, seuls étaient les dragons au milieu d’un monde gris, de poussière et de terre morte. Entourés d’un brouillard aussi épais que mortel, les êtres ailés n’étaient que statues fixes, attendant la fin des temps.
Puis, sortie du brouillard, vint Aedryht, la solitaire et l’éternelle, celle qui errait depuis si longtemps qu’elle-même ne se souvenait plus du début de son voyage, elle qui cherchait quelqu’un pour partager son existence. Pourtant, lorsqu’elle s’adressa aux dragons, elle réalisa que ces derniers n’avaient pas conscience de son existence. Et c’est alors que, meurtrie par l’expérience d’une première désillusion, Aedryht se mit à pleurer de tout son être, sans pouvoir s’arrêter. Et à chacune de ses larmes, elle grandissait, et grandissait, au point qu’elle fût aussi grande que l’immensité stérile qu’elle partageait avec les dragons. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de pleurer. Tant et si bien que le monde faillit sombrer dans les eaux salées de son chagrin si elle n'avait pas fini par se saisir dans le creux de ses mains d'une partie de ces terres.

Et c’est ainsi que Cennestre naquit, et que les dragons connurent alors le mouvement. A l’instant même où les créatures ailées commencèrent à vivre, Aedryht cessa de pleurer, et se mit à sourire. De son bonheur coulèrent deux larmes purent et cristallines comme son sourire, qui lorsqu’elles touchèrent les eaux salées de son chagrin, donnèrent naissance aux deux premiers enfants d’Aedryht.
Apparut d’abord Wildecynd, et elle était fougueuse. Elle courut à travers Cennestre, et sur son passage sur le sol morne et gris, qui se transforma en terreau fertile, poussaient fleurs, plantes, et autres végétaux. Les vents se mirent à souffler derrière elle, la pluie à tomber et à engendrer lacs et rivières. Des orages qui naquirent de sa naissance, vinrent le tonnerre, qui lui-même engendra le feu. Puis, lorsqu’elle rencontra les dragons, elle s’amusa de leur existence, et, comme un jeu, elle se mit à créer les animaux, cherchant toujours à trouver de nouvelles formes amusantes et s’éloignant de plus en plus de ses modèles originels.

Derrière elle, toujours marchant, et toujours distancé, venait Swae. Là où sa sœur s’amusait de la nature qu’elle engendrait, lui, s’en émerveillait. Il ne voyait que beauté et perfection dans chaque brin d’herbe, chaque pétale, puis plus tard, dans chaque patte et chaque oreille des animaux de Wildecynd. Mais cette nature n’était à ses yeux qu’à peine existante. Alors, à chaque chose qu’il rencontrait, il insufflait la vie. Les plantes se mirent à s’ouvrir et se fermer, les branches des arbres à pousser et à bouger au vent, et les animaux à courir, s’envoler, nager, ramper.

Mais, le temps passant, Swae, toujours à la recherche de sa fameuse perfection, se mit à réfléchir. Dans l’eau d’un lac, il se regarda, et regarda ensuite Wildecynd courant à travers Cennestre avec ses créations. Et c’est alors qu’en lui germa une idée, folle peut-être, mais réalisable. Il créerait des êtres à leur image, doués de parole, et capable de raisonner, pour qu’il ne soit plus seul à la recherche de perfection. Instantanément, il plongea alors la main dans l’eau du lac, et tout en soufflant dessus, envoya sur le sol mousseux de la forêt des centaines de gouttes qui lorsqu’elles frappèrent le sol, prirent forme et se mirent à respirer. Ainsi étaient nés les elfes, enfants de Swae. Tels les nouveau-nés qu’ils étaient, ils ne savaient rien du monde et de la vie, et furent pris de terreur face à l’immensité qu’était la vie qui leur était offerte.
Pris de panique, Swae appela sa sœur à l’aide. Lorsque Wildecynd vit ces êtres petits et chétifs en comparaison à son frère et elle, elle éprouva une joie certaine et un amusement décuplé. Alors, se penchant sur ces êtres fragiles, elle leur murmura à l’oreille tous les secrets de ce qu’elle savait du monde des forêts, des ruisseaux, et des animaux. Et c’est alors que les elfes commencèrent à exister réellement. Vivant des forêts, en harmonie avec les animaux, se nourrissant de ce que la nature leur offrait, et se réfugiant sous des arbres lorsque Wildecynd était d’humeur pluvieuse.

Mais, à peine les elfes commencèrent à prendre conscience de leur existence, et alors que Swae et Wildecynd ne faisaient que les découvrir, pour la première fois, Aedryht parla. Et dans sa voix se mêlait déception et colère, et comme toute mère, elle gronda tendrement ses enfants de leur action irréfléchie. Et alors que sa parole faisait trembler Cennestre, le plus vieux, le plus grand, et le premier des arbres de Wildecynd vacilla, et s’effondra. Pourtant, il ne cessa de bouger pour autant, prit de spasmes, l’arbre se redressa, et se mit à prendre forme. Plus le temps passait, plus il ressemblait à Wildecynd. Pour autant, là où cette dernière nous donnait le souffle court de par sa rapidité et son énergie, Béal, car tel était son nom, était apaisante comme le sommeil, et à la regarder, les muscles se détendaient.

La Mort se mit alors à marcher droit vers les elfes, et alors que Wildecynd et Swae tentèrent des centaines de fois de freiner sa marche, jamais ils ne pouvaient l’arrêter, ni même la ralentir. Elle avançait, implacable et inévitable. Et lorsqu’enfin elle fut à portée des elfes, elle se saisit de certains d’entre eux, qui entre ses bras trouvèrent le sourire, et un repos éternel. Et alors qu’elle les reposait doucement sur le sol, Cennestre se mit à trembler, les animaux à rugir et hurler. Alors commença le cycle éternel dans lequel s’affronte les pouvoirs de Swae et de Béal. La mort et la naissance, la proie et le chasseur, manger ou être mangé.

L’erreur de ses enfants étant réparée, Aedryht contempla les elfes, nouvellement mortels. Et elle se rendit compte que dans le ciel gris et pâle de Cennestre, ils ne pouvaient profiter du temps qui passe, le monde étant toujours aussi fixe. Alors, elle détourna pour la première fois son regard de Cennestre, et leva la tête. Puis, elle parla, et du sol de Cennestre surgirent deux nouveaux enfants d’Aedryht.

Uncandel, le soleil, marcha d’un pas décidé à travers Cennestre, et illumina pleinement le monde. Là où son regard se portait, plus de secret n’existait, et le monde se voyait tel qu’il était. Toujours derrière, lorsqu’Uncandel quittait un lieu, arrivait Diorna, et son pas était si léger que parfois même ses frères et sœurs ne la remarquaient pas. A son passage, les choses et les gens se faisaient troubles, et les ombres naissaient pour donner refuge aux secrets.
Ainsi commença le cycle du temps, régit par Aedryht, qui donnait à Uncandel le jour, et à Diorna la nuit, et qui distribuait pouvoir à ses enfants de façon égale. Swae recevait toujours le premier son pouvoir, et quand il revenait, le monde naissait, avec force et violence. Les plantes poussaient, les animaux s’accouplaient, et la chaleur revenait. Puis, Vie cédait son pouvoir à Wildecynd, qui était libre d’arpenter le monde nouvellement renaquit, et tout était à son image alors, puissant et fougueux, mais aussi beau et pur. Puis enfin, Béal venait, et elle emportait avec elle tout ce qui restait du pouvoir de son frère et de sa sœur. Les plantes mourraient et le froid revenait.

Mais, le pouvoir de Béal était tel, que chaque fois Swae peinait à reprendre ses droits, et pendant ce temps, les elfes souffraient. Alors Aedryht de nouveau parla, mais cette fois-ci, ses mots étaient aussi structurés que le temps qu’elle venait de créer. Alors de nouveau Cennestre trembla et la terre se fissura, des énergies monumentales se réunirent, et tous les dieux perdirent en puissance. Et c’est ainsi que naquit Gaedrum, le cadet des enfants d’Aedryht. Là où ses frères et sœurs étaient entiers, lui, était aussi nuancé que le monde de Cennestre, tantôt aussi sérieux que la mort, parfois aussi imprévisible que le vent. Il restait toutefois toujours fasciné et inventif.

Gaedrum alors vit les elfes, et comprit quel était son devoir. Alors, commença l’instruction des elfes. Gaedrum leur offrit l’alphabet et le calendrier, puis l’architecture et la médecine, et enfin l’artisanat. Mais les elfes étaient des êtres simples et naturels, et Gaedrum éprouva une forte déception à voir son savoir et ses connaissances gâchées par des êtres qui ni ne cherchait pas à construire ou à développer leurs artisanats. En tant que gardien de la connaissance, Gaedrum connaissait l’origine des elfes, et il décida alors d’imiter Swae.

Pour cela, il savait qu’il aurait besoin de sa sœur Wildecynd, et cette dernière, tout autant par amour pour son frère que par jeu, accepta de l’aider. Alors Gaedrum alla jusqu’au septentrion de Cennestre, et là, se saisissant alors d’un morceau de terre rocheuse, il prit son marteau et brisa la pierre en un millier de roches aussi petites possibles, pour les cacher aux yeux de sa mère et de ses frères et sœurs, et les façonna fortes, résistantes, et endurantes, pour survivre à la vie cachée qu’il leur souhaitait. Ensuite, Wildecynd murmura. Elle leur insuffla au plus profond d’eux, avant même qu’ils ne vivent réellement, la communion avec la pierre et les minéraux de la montagne, et que toutes choses qui soient liées à la terre leur soit alors instinctives. Elle plaça alors ces roches au cœur même de ces montagnes. Puis, Gaedrum, comme Swae, souffla. Mais là où son frère avait seulement propagé la vie à travers les gouttes d’eau, Civilisation, lui, offrit une partie de lui-même par cet acte.

Et alors même que les  Nains, venaient à eux pour la première fois, Gaedrum, lui, perdit pieds, et s’effondra. Et alors tout Cennestre trembla sous le poids d’un dieu mourant, qui avait gaspillé ses forces et son pouvoir dans la création d’êtres tout à son image. Alors de nouveau, Aedryht dut intervenir. Cette fois-ci, il n’était plus que crainte dans sa voix, et elle-même connut pour la première fois la peur de perdre un être cher. Mais Wildecynd était si fougueuse, et si prompte, qu’elle ne voulut laisser son frère dépérir. Alors même qu’Aedryht pleurait déjà la mort d’un enfant, Nature souffla sur Gaedrum, comme lui-même l’avait fait sur les pierres, et elle offrit à son frère la moitié de son pouvoir sur la nature. Et alors qu’elle renonçait à la terre et à l’air, et que Gaedrum revenait à lui, Cennestre de nouveau trembla, et cette-fois, ce fut encore plus puissant que jamais. Alors les montagnes se créèrent, et la neige se mit à tomber.

Mais aucun des dieux n’eut le temps de comprendre ce qui se passait, car à nouveau, Aedryht parla, et dans sa voix, cette fois-ci, n’était plus que commandement. Elle invita tous ses enfants à se réunir avec elle, et expliqua qu’elle comprenait leur envie de créer, mais que le destin de Cennestre ne résidait pas dans les choix égoïstes de chacun d’eux, mais dans l’union de leurs pouvoirs. Alors, elle leur offrit de créer ensemble un peuple, qui serait à l’image de chacun. Alors qu’elle parlait, ses mots formaient devant les dieux une colonne de flammes, qui fut ensuite façonnée par une tornade, jusqu’à prendre une forme ressemblant vaguement aux dieux, et tous alors, sans exception, Aedryht comprise, soufflèrent à l’unisson. Gaedrum et Wildecynd étant épuisé par leurs précédentes expériences, ils n’eurent que peu à offrir à cette nouvelle race. Et ainsi, respectivement, offrirent les notions de valeur et de propriétés, en plus des bases de toute civilisation, et l’instinct de survie et la capacité d’adaptation. Lorsque Béal souffla, la flamme perdit en puissance, et causa aux humains, car tel était le nom de ces êtres, de perdre une grande partie de leur longévité. Mais Aedryht les rassura : ''C'est cette vie courte qui les poussera à ne rechercher que la grandeur''.
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